annonce de presse du club 608.

Comme vous le voyez : CERCLE 608.

Et oui, 608, c’était mon téléphone personnel, car dans le temps, il n’y avait pas de 01 et ni de 4, devant les numéros de téléphone ; tout ca c’est loin, comme la pub d’Europe échecs vous le montre, cela remonte à 1981 et nous avions créé le club 608 par téléphone en 1977.

On jouait simplement en appelant un adversaire, on donnait son coup, il le répétait, et ont appuyait sur la pendule. Bien entendu, ce n’était pas parfait, mais on s’arrangeait pour être d’accord sur le temps. S’il y avait trop de différence, je statuais, et il y avait toujours une bonne entente. La mentalité, était de jouer amicalement. Oui, il fallait être de bonne composition, avoir un esprit large et la courtoisie était de rigueur.

Nous étions une quarantaine à nous affronter, soit pour des parties amicales, qui comptaient pour un classement purement honorifique, soit des parties de championnat, où pour chaque coup, chaque joueur disposait de 24 heures pour donner sa réponse. A l’époque, il n’existait que très peu d’ordinateur de bon niveau. Dans les années 1985, sont arrivés de bons logiciels d’échecs, et malheureusement, nous commencions à être très déçus de nous apercevoir que certains se servaient justement de ces engins qui ont détruit notre entente cordiale. Nous n’avions plus confiance entre nous, et ce club par téléphone s’est éteint début 1986. C’est cette année-là que j’ai organisé un tournoi rapide rue Blanche, chez les aveugles de guerre, puis à la Gare du Nord, où ces tournois ont pris une ampleur inimaginable. Ceux qui ont connu ce réfectoire, où la voute étaient d’une splendeur magnifique, se souviennent que souvent les joueurs avaient la tête en l’air pour réfléchir.

Et c’est un 1987, que nous avons créé le club 608 en tête à tête, sur le tapis vert. Notre club a connu la gloire des grands tournois de neufs jours, avec ajournement après 8 heures de jeu, où il y avait plus de 250 joueurs, des grands maitres venant de toute part, des jeunes prodiges, qui sont encore là. Les débuts de ses grandes manifestations ont été difficiles, car nous n’avions pas d’expérience en la matière. Mais le succès et les contributions de toutes parts nous ont bien aidés à organiser de très nombreux tournois. Ceux qui y participent de nos jours peuvent encore percevoir l’ambiance qui reste de ces beaux moments d’opens d’échecs, dont nous gardons des souvenirs inoubliables.

Nous avons commencé, comme déjà indiqué, rue Blanche, puis Gare du Nord où des simultanées ont été organisées dans le hall. Nous avons participé aux tournois de l’AFM et monté une simultanée avec Mark Taimanov, qui m’a invité à déjeuner chez lui à Paris. Une autre dans la gare : où 10 GMI de Clichy sont venus gracieusement pour en découdre avec 350 participants pendant 5 heures.

Nous sommes arrivés à St-Louis en 1991, après la guerre du Golf, où notre club a vu le jour dans ses locaux. Nous étions alors gérés par l’APSAP ville de Paris.

A cette époque, de gros tournois ont eu lieu aux gymnases Parmentier et Jemmapes.

En 2000, l’APSAP ne veut plus qu’on organise de tournois sous leur tutelle.

L’exil commence. Pendant presque 2 ans, nous étions SDF des échecs sans gymnase.

Mais la chance nous a souri, grâce à notre regretté Serge Marcel qui nous a tendu les bras pour ouvrir un club à St-Louis. Il m’a dirigé sur un de ses amis, également disparu : Jean-Michel. Nous avions tous les gymnases que nous voulions grâce à lui. Nous avons été reconnus comme de grands organisateurs pour les échecs. Nous avons disposé des gymnases Mouchotte à Montparnasse, Cange à côté de Pernety, Renoir, à la porte de Vanves, Didot, un peu plus loin, Huygens à Vavin, un magnifique endroit. Et dans les derniers temps, nous sommes allés aux deux gymnases Glacières, dont nous avons subi les frayeurs de ce nom, et aussi à Kellermann, en face de Charlety.

Et maintenant, nous n’avons plus de soutien pour ces gymnases. Nous avons quand même la chance d’avoir la salle de conférence, dite préfa, de l’hôpital St-Louis, mais pour combien de temps ? Si nous respectons les lieux, peut-être pourrons-nous encore y rester ?

Voilà l’historie de notre Club 608. J’en suis encore le président. J’espère que l’avenir saura nous assurer de protection pour continuer à organiser ces petits tournois et que notre club dure. Mais je le dis, un jour je ne pourrai plus vous servir, il faudra prendre la main.

Chers amis, à bientôt, et faite connaitre notre histoire de ce club historique de Paris : le club 608 d’échecs.

André CLAUZEL : dit DD.

P.S. Et pourtant certains ont voulu nous détruire, mais je suis de roc : le grand ou le petit, comme vous voulez.